La Sebiba prend ses racines dans une page d'histoire très ancienne. Elle daterait de plus de 3000 ans, et puiserait son origine dans la mort du pharaon, lorsque Moïse (Moussa) vainquit ses troupes. La tradition locale rapporte qu'à cette époque là, régnait entre les Oraren et les Tra'orfitt (tribu du Tassili N'Ajjer) une guerre fratricide depuis de longues années et que ce n'est qu'en apprenant la victoire de Moïse sur Pharaon qu'ils consentirent à mettre fin à leurs conflits et scellèrent un pacte de paix qui, depuis, les a unit.




Chaque année, durant dix jours, les deux communautés touarègues se préparent à commémorer cet événement majeur de leur histoire. Ainsi, elles perpétuent la tradition et s'affrontent sur le lieu historique du dernier combat. Les habitants du Tassili N'Ajjer et des Touaregs des pays voisins se retrouvent à Djanet pour la célébration de la Sebiba le jour d’Achoura.


Le rituel se perpétue : on y simule le combat pour ne plus le livrer ; on y danse l’épée dans une main et le foulard dans l’autre pour signifier le conflit et le pacte de paix. Les femmes, parées de leurs plus beaux costumes indigo, chantent aux rythmes des tambourins pour encourager leurs guerriers dont les pas soulèvent des nuages de poussière et de sable. Les sages des quartiers d'El Mihane et d'Azzelouaz arbitrent aujourd’hui la joute. Chants, costumes, danses sont désormais l’objet du combat. En fin de journée, la signature du pacte de paix vient clore la Sebiba et perpétue ainsi l’histoire des tribus de Djanet.