Alger la blanche


Au XIe siècle, El Bekri écrit : « le port est bien gardée et possède une source d’eau douce, il est fréquenté par les marins d’El Ifriqiya ». Les Romains ont succédé aux Phéniciens, Siga était devenue Capitale de Syphax à l’ouest, Cirta la capitale du royaume Massyle à l’est avec Massinissa et Césarée au centre sous Ptolémée, fils de Juba II et Cléopâtre Séléné. Mais il a fallu attendre 1942 pour trouver une pierre antique gravée chez un cloutier portant l’inscription Icosium.


En 371 de notre ère, Icosium avait subi le carnage des Vandales.


L’arrivée du prince berbère Bologhine Ibn Ziri, fils de Menad Essanhadji a permis de fonder sur les ruines d’Icosium une ville qui fût nommée El Djazair : séduit par ses îlots, le mouillage naturel et surtout l’avantage d’une cité destinée à devenir une grande ville commerçante. Au début du XVIe siècle, Alger a été gouvernée par un prince de la tribu des Thaâliba installée dans la Mitidja et qui portait le nom de Salim Ettoumi. D’ailleurs au XVe siècle, Abderrahmane El Thaâlibi était considéré comme le Saint patron de la ville.En cette période, Alger était exposée et même convoitée par l’ennemi espagnol avec la chute de Grenade pendant la Reconquête quand des milliers d’Andalous musulmans persécutés et chassés d‘Espagne avaient trouvé refuge à Alger. Les frères Barberousse, ces Turcs qui combattaient en Méditerranée avaient la réputation de héros dans l’Histoire et ils étaient déjà établis à Jijel. Ainsi, une délégation de notables d’Alger dont le prince Salim Ettoumi partirent solliciter leurs collaborations pour freiner l'expansion espagnole. Plusieurs affrontements sanglants marquèrent Alger, le prince Salim Ettoumi fût tué en 1516. Aussi, l’allié Arouj Barberousse quitta Alger pour protéger Tlemcen de l’empire espagnol, avant de trouver la mort dans un combat à Rio Salado (Ain Temouchent) en mai 1518, son frère Kheireddine lui succéda sur le trône. Face à la l’insécurité absolue des Algérois, le roi d’Espagne étant décidé à conquérir Alger, Kheireddine a proposé de placer Alger sous la souveraineté ottomane. Ainsi naquit la régence d’Alger en 1519 avec son gouvernement (Diwan) nommé par le sultan turc. Kheireddine construisit la jetée et le môle en reliant les îlots au littoral, ce qui donna naissance au port d’Alger.


Du XVIe au XIXe siècle, Alger fût administrée par une succession de Pachas, Deys et Aghas, une capitale politiquement indépendante jusqu’en avril 1827, date du fameux événement du « coup de l’éventail » provoqué par le consul Deval qui devait servir de prétexte aux préparatifs de l’invasion française. Napoléon ayant déjà tâté le terrain en 1808 en envoyant l’espion Boutin. Son compte rendu servi au roi Charles X à la préparation de l’invasion du 14 juin 1830 par le port de Sidi Frej, puis la capitulation du Dey d’Alger Hussein le 5 juillet. L'épisode français devait durer 132 ans!